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Cela faisait déjà plusieurs semaines que ma boîte mail personnelle était assaillie d’invitations Facebook, je les refusais toutes invariablement au prétexte que je ne prêterais pas le flanc (ni ma gueule ni mon nom) une fois de plus à ces réseaux sociaux détournés par les marocains pour en faire le plus vaste lieu de tberguig mondial.
Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis?
Elle avait le teint diaphane violenté par deux points roses sur les joues en guise de maquillage. Ses grands yeux exprimaient cette stupeur constante des personnes surprises de tout ou offusquées d’un rien.
Elle me dit avoir 29 ans, un âge d’adulte, pourtant j’avais l’air bien plus blasée qu’elle, presque aigrie du haut de mes 5 ans de moins.Elle portait une robe ivoire tachetée de noir, ceinturée sous la poitrine, une robe années 50′ qui contrastait avec la nuée de shorts de la soirée… Une belle image d’Epinal.
Elle semblait à peine remarquer les “Autres”, ceux venus pour essayer de se distraire en s’imbibant d’alcool et de house… J’avais à ma portée la possibilité de faire une étude sociologique, que dis-je? plutôt une étude anthropologique tant cette espèce me semblait en voie de disparition.
Je voulais la faire parler pendant qu’elle réajustait son chignon impeccable, je souhaitais avoir la même vision des choses, connaître les tréfonds de sa pensée, lui emprunter ses yeux un instant, endosser son sourire naïf, et regarder le monde en monochrome : sa vie en rose.
Elle fait partie de ces êtres hybrides que l’expérience n’a pas érodé. Une princesse qui se meut dans la naphtaline confortable des certitudes, une princesse sans méfiance, sans défiance… Une demoiselle encore sous cellophane, qui n’essore la vie que pour en retirer la quintessence lyrique.Je fais l’éloge ici de sa naïveté surannée, cette crédulité qui protège des intempéries invisibles, cette ingénuité qui l’a rend invincible…
Très tôt je me suis imposée la lucidité comme moyen de survie; la “connaissance” pour mot d’ordre, la réflexion pour combat, j’ai mené des batailles inutiles, des guerres lasses avec moi-même pour me “rapprocher” d’un recul nécessaire à la compréhension, à la prise de conscience.
Cette prise de conscience et ses désillusions, cette fausse perspicacité qui ne laisse qu’un goût amer à ceux qui cherchent désésperamment à comprendre avec sagacité, ceux qui souhaitent trouver une explication à tout, ceux qui veulent identifier sans forcément s’identifier…
L’apanage des clairvoyants c’est l’obscurité dans laquelle ils se complaisent et contre laquelle ils se battent. La faculté des naïfs c’est de déambuler dans la vie comme des piétons, avec pour objectif le trottoir d’en face…

LA FAUNE
Offrir un lit au désespoir
Perdre la lueur et l’espoir
S’endormir de rage et de cris
Se lever de haine et d’ennui
Affronter l’âpre réalité
Donner le change en société
Sourire malsains et rires jaunes
Se faire adopter de la faune
Mentalités trop étriquées
D’une nation sans liberté
Entre le marteau et l’enclume
Entre la vague et l’écume
Nous étouffons pour la morale
Nous nous donnons tant de mal
Pour s’ajuster dans le moule
Préétabli de la foule
Et l’on désigne un paria
Qui ne respecte pas nos lois
Un libertain, un libertaire
Qui ne cherche pas à nous plaire
Une personne qui diffère
De tout le reste de notre terre
Accusons-le de tous les maux
Evitons d’entendre ces mots
Restons loin de cet intrus
Qui crie la vérité crue
D’une société qui se corrompt
Et d’une jeunesse qui se morfond.
Mars 2006

Téléphone Maure
IL suffit de me le demander. Je suis un livre ouvert ; je mets à jour gratuitement et régulièrement, pas besoin de cliquer, il suffit de le formuler.
Je dis tout, je raconte tout sans rien omettre, ni ajouter, sans épicer ni rendre amer, sans en altérer la substance, ni la teneur…

Veni vidi vici